C'est le moyen pour moi d'échanger sur la Chine, de faire partager mes voyages en Chine, des lectures sur la Chine, des analyses, des impressions, d'aller au-delà des peurs qu'inspire ce grand pays si entreprenant en essayant de comprendre ses propres craintes, ses propres défis mais aussi de pointer les questions qu'il soulève. Nous aurons peut-être ainsi l’occasion de faire un bout de chemin ensemble.
En Occident, qui connaît Wang Xizhi, celui qu'on appelle en Chine le "Sage de la Calligraphie" (shusheng, 书圣)? Tout au plus quelques historiens de l'art ou quelques sinologues. Pourtant depuis le IVe siècle apr. J.-C., il est un modèle à suivre pour des générations de calligraphes...
Reconnu comme le plus grand maître de tous les temps, Wang Xizhi (303-361) a vécu sous la dynastie des Jin orientaux. Il s'est notamment rendu célèbre pour sa "Préface du Pavillon de l'Orchidée" (photo ci-dessus), la plus connue des pièces de calligraphie chinoise, rédigée en demi-cursive.
Cette figure de la calligraphie chinoise jouit d'un prestige en Chine aussi important que Shakespeare en Occident. L'histoire a retenu que l'empereur Taizong des Tang, qui régna de 627 à 649 apr. J.-C., en était un fervent admirateur au point d'avoir collectionné de son vivant quelque deux mille deux cents pièces de l'artiste.
L'empereur Taizong en train d'admirer le Pavillon de l'Orchidée (aquarelle sur papier, coll. privée).
A sa mort, Taizong se fit ensevelir avec la plus grande partie de son trésor calligraphique. C'est pourquoi il ne reste presque plus d'originaux du calligraphe, mais seulement de plus ou moins bonnes copies.
Très érudit, Wang Xizhi maîtrisait tous les styles en usage à son époque, à savoir l'écriture de chancellerie (lishu), la cursive (caoshu), la courante (xingshu) ou la régulière (kaishu).
Dommage que l'image d'une calligraphie, sans doute de WANG Xizhi, soit imprimé à l'envers!
Bien à Vous