Avec son dernier ouvrage Le parapluie de Simon Leys (éd. Philippe Rey, 2015, 252 p.), Pierre Boncenne nous fait redécouvrir un auteur à l’action éclatante et… une époque sinistre. Simon Leys est mort le 11 août 2014.
...
Avec son dernier ouvrage Le parapluie de Simon Leys (éd. Philippe Rey, 2015, 252 p.), Pierre Boncenne nous fait redécouvrir un auteur à l’action éclatante et… une époque sinistre. Simon Leys est mort le 11 août 2014.
...L’auteur de Le Président Mao est mort nous parle de son prochain roman et de l’état de la littérature en Chine.
Natif de la province chinoise du Hubei, Du Qinggang est l’auteur du best-seller Le Président Mao est mort, paru en 2002 chez Desclée du Brouwer. L’écrivain, parfaitement francophone, est également le président de l’Institut des Langues étrangères de l’Université de Wuhan où il enseigne la littérature comparée. Il nous a reçu début mai dans son village natal de Xiong, où il vient régulièrement se ressourcer. Ce village est situé à 70 km de Wuhan, immense métropole industrielle de la Chine, aussi connue comme la « petite France », notamment pour la qualité de son enseignement du français et la présence du constructeur automobile PSA.
Le succès de votre ouvrage Le Président Mao est mort, paru en 2002 en France, a-t-il eu des conséquences sur votre vie d’écrivain ?
...Paysan à la retraite, M. Xiang ne veut pas quitter sa maison traditionnelle, toute en pierres et à l’entrée surmontée de l’immense caractère « fu » signifiant « bonheur » en chinois. À l’intérieur, une immense peinture de Mao Zedong et Zhou Enlai avec, au pied, bougies et fleurs de lotus en plastique, en signe de vénération… Illustration du fait que « de nos jours, pour certaines couches sociales, Mao est devenu une sorte de bouddha », comme l’écrit Du Qinggang, auteur du best-seller Le Président Mao est mort, paru en 2002 aux éditions Desclée de Brouwer.
Mais les demeures encore habitées du village ancien de Xiong, vieux de six cents ans, se comptent sur les doigts de la main. Les herbes folles ont envahi les sentes courant entre des bâtisses simples, au charme bien réel avec leurs pierres sculptées et leurs calligraphies. C’est que ces dernières années, la plupart des habitants sont partis travailler dans l’industrie à Wuhan ou Chongqing, deux immenses et proches métropoles à moins qu’ils ne se soient installés dans la nouvelle bourgade construite à deux kilomètres, là où se trouvent commerces et services de proximité.
Voici dix conseils pour toute entreprise désireuse de travailler avec des Chinois. Conseils qui mettent l'accent sur une prise en compte de la manière de penser et de faire chinoise.A bon entendeur salut !
...
C’est une belle exposition de photos, Un train pour le Yunnan, que présente de février à avril 2015 le musée Guimet autour de la construction, dans les années 1900, de la vertigineuse ligne de chemin de fer longue de 470 km, reliant Lao-Cai en Indochine à Yunnan-fu (depuis devenue Kunming), capitale de la province chinoise du Yunnan. L’exposition présente des photographies de Georges-Auguste Marbotte (1861-1936) léguées au musée en 2014, agréablement complétées par celles d’Auguste François, ancien consul de France au Yunnan de 1900 à 1904. Les photos reprises dans ce billet sont de Marbotte et les figures sont extraites de "Le chemin de fer du Yunnan Vol. 1et II, Paris, Imprimerie G. Goury).
...« Nous ne sommes plus dominants, et notre pensée s’essouffle. La pensée chinoise est complexe et adaptée au monde d’aujourd’hui, elle tend d’ailleurs à se répandre chez les émergents, qui trouvent féconde et adaptée cette pensée paradoxale. Ne faisons pas l’erreur de ne pas l’étudier, la pénétrer et la comprendre pour en tirer tous les enseignements utiles à notre propre gouverne », tel était le message adressé aux hommes d’affaires français réunis le 12 février à Paris par la Fondation Prospective & Innovation. Instructif.
Extrait de : Verbatim du colloque « Quel destin commun pour les entreprises françaises et chinoises ? » organisé le 12 février 2015 par la Fondation Prospective & Innovation présidée par Jean-Pierre Raffarin.
...
Le concept de "tangxia", porté par des intellectuels confucianistes contemporains comme Zhao Tingyang (notre photo), est-il porteur d'une gouvernance mondiale « sans exclus », permettant de dépasser les égoïsmes nationaux qui mettent en péril notre planète ou est-il lui-même un levier du nationalisme chinois ? Pour se faire une opinion sur le sujet, voici trois extraits qui éclaireront la lanterne de chacun.
Quand elle interprète une « Pluie de fleurs », ou encore la « Lune sur le mont Guan » ou bien « Le chant du pêcheur ivre au crépuscule », Li-Yu You effleure à peine son Guqin pour un délicat dialogue avec les éléments. Tendez l'oreille car cette musique est légère comme le vent.
...
Merci à tous les lecteurs de ce blog. Vous m'avez accompagnée tout au long de ce deuxième voyage en Chine, qui, du 12 mai au 14 juillet 2014, m'a permis de découvrir six provinces chinoises (Yunnan, Sichuan, Guangxi, Guangdong, Zhejiang et Jiangsu) ainsi que l'immense ville de Shanghai... Vous avez été mes fidèles compagnons de voyage. Ce blog continuera sous une forme nouvelle, à réfléchir... En attendant, je file à l'aéroport prendre l'avion qui me ramènera vers notre douce France...
Le Musée de la soie de Hangzhou (Zhejian) et le Musée de Shanghai possèdent de magnifiques vêtements de soie portés par les anciens empereurs de Chine et les hauts fonctionnaires de l'Empire...
Alors que la Coupe de monde de football 2014 se termine sans que la Chine se soit distinguée d'une quelconque façon, c'est pourtant dans l'Empire du Milieu que ce sport est né ! Surprenant.
Cette peinture montre l'empereur Taizu des Song (960-1127) jouant au football. Ce jeu, qui s'appelait cuju en chinois, était déjà très populaire à l'époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.). Les ballons étaient couverts de cuir et rembourrés de cheveux. Le premier ballon gonflable est apparu vers la fin des Tang (618-907). Il était fait avec une vessie d'animal entourée d'une enveloppe de cuir. Sous les Song (960-1127), l'enveloppe était opposée de 8 à 12 morceaux de cuir.
...
Contrairement à l'Europe ancienne, celle des Grecs et des Romains, la Chine, depuis les temps les plus reculés, a toujours accordé la plus haute importance à l'éducation et à la formation intellectuelle de son élite. Un système de concours et donc de préparation aux concours fut mis en place dés -1200 avant J.C. par le pouvoir impérial, servant à l'admission aux charges gouvernementales. L'étude d'un certain nombre d´auteurs classiques dont Confucius et Mencius, servait de base à l'éducation intellectuelle et morale des fonctionnaires-lettrés, les fameux mandarins. En règle générale les hautes fonctions de l'Empire n'étaient donc ni héréditaires ni monnayables ni ne s'octroyaient par faveur sauf aux périodes décadentes de l'histoire de la Chine. Les mandarins étaient reconnaissables à leur tenue vestimentaire (plastron, bouton sur leur coiffe indiquant leur grade...). Mais la formation trop littéraire des lettrés sembla inadaptée au début du XXe siècle face au déclin de la Chine et à la supériorité technique et scientifique des puissances occidentaleś. Le système des examens impériaux fut aboli au début des années 1910 et l'on commença à envoyer des étudiants étudier en Europe et aux États-Unis. À Nanjing, il existe un musée des examens impériaux.
...
Au XIXe siècle, Nanjing devint la capitale des Taipings qui réussirent à s'emparer de la majeure partie de la Chine méridionale. La révolte des Taipings (1851-1864), inspirée par la foi chrétienne était farouchement anti-Mandchous. Son leader, Hong Xiuquan, fonda le Taiping Tianguo (royaume céleste de la Grande Paix). Il interdit l'opium, la mixité et tenta une redistribution de la propriété privée. En 1864 les forces de l'armée Qing, des soldats britanniques et des mercenaires américains et européens encerclèrent Nanjing, la capitale des Taipings. Après un siège de sept mois, elles prirent la ville et massacrèrent les défenseurs Taiping. Près de vingt millions de Chinois moururent au cours de cette guerre civile. Dans son livre "Les tribulations d'un Chinois en Chine" (une très bonne lecture !), Jules Verne met en scène le personnage d'un ancie Taiping.
...
Si les étrangers viennent guère à Nanjing (Nankin), les visiteurs chinois sont nombreux à se rendre dans cette ancienne capitale de la Chine, située dans la province du Jiangsu. Elle fut la capitale de l'Empire du milieu sous la dynastie Ming (1368-1644) puis de la République de Chine. C'est aussi là que fut signé le premier des "traités inégaux" ouvrant plusieurs ports chinois au commerce étranger et contraignant la Chine à payer une énorme indemnité de guerre et cédant Hong-Kong aux Britanniques. Nanjing fut aussi la capitale des Taipings. Mais pour les Chinois d'aujourd'hui c'est surtout la ville martyrisée par les Japonais en décembre 1937. Ils y massacrèrent 300 000 personnes. Le mémorial du massacre de Nankin (photos) attire des foules considérables de Chinois,signe que les plaies sont mal refermées, d'autant que le Japon n'a pas présenté les excuses que la Chine attend.
...Yangzhou accueille actuellement une remarquable exposition de thangkas , peintures traditionnelles tibétaines , représentations de diagrammes mystiques montrant les multiples divinités du bouddhisme. Ces tableaux, qui peuvent être roulés, servent de support à la méditation. Ceux présentés dans cette exposition ont demandé entre sept mois et trois ans de travail aux artistes qui les ont realisés. Les peintres utilisent des pigments issus de pierres broyées et d'or. Toutes ces œuvres exigent une minutie extrême comme le montrent ces photos qui, pour la plupart, sont des détails d'oeuvres beaucoup plus grandes.