Extraits de Chine

C'est le moyen pour moi d'échanger sur la Chine, de faire partager mes voyages en Chine, des lectures sur la Chine, des analyses, des impressions, d'aller au-delà des peurs qu'inspire ce grand pays si entreprenant en essayant de comprendre ses propres craintes, ses propres défis mais aussi de pointer les questions qu'il soulève. Nous aurons peut-être ainsi l’occasion de faire un bout de chemin ensemble.

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19e Congrès du PCC : ce qu'en pense Jean-Pierre Raffarin...

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19e Congrès du PCC : ce qu'en pense Jean-Pierre Raffarin...

Actuel président de la Fondation Prospective et innovation, l'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, s'exprimant dans un compte-rendu qu'il signe de son nom, analyse positivement les travaux du XIXe Congrès du Parti communiste chinois qui s'est réuni en octobre 2017, en particulier dans le contexte international actuel.

Source : site internet de la Fondation Prospective et Innovation ( www.prospective-innovation.org)

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Le contraste entre La Chine et les États Unis est, cet automne, particulièrement criant. Le XIXe congrès du PCC s’est déroulé de manière très prévisible alors que jour après jour Donald Trump s’affiche de plus en plus imprévisible. Zhongnanhai, le lieu du pouvoir chinois, est plus « lisible » que la Maison Blanche.

L’essentiel de la partition exécutée à Pekin, au grand rendez-vous du Parti Communiste Chinois (PCC) était écrit, noir sur blanc, dans le livre de Xi Jinping publié dans le monde entier en 2015 : « La gouvernance de la Chine ». Deja on pouvait lire:  » le parti se charge de la difficile tâche historique d’unir et de diriger le peuple ». L’ancrage « socialiste » était clair.

La pensée du leader reconnue par les 2287 délégués comme élément de l’idéologie nationale, « l’ère nouvelle » (36 fois citée dans le discours de Pekin), y est pour l’essentiel décrite avec précision : le rêve chinois, le rôle dominant du Parti, le socialisme aux caractéristiques chinoises, les objectifs du double centenaire, la gouvernance par la loi, la lutte contre la corruption (1,3 millions de fonctionnaires punis depuis le lancement de cette lutte), le contrôle de l’armée, l’économie ouverte et maîtrisée ( Xi ne manque pas de lucidité: « le problème principal est de gérer correctement les relations entre le Parti et le marché » )…tous ces thèmes ont été savamment rodés.

A l’occasion de ce congrès « historique » on a vu s’exprimer en Occident de nombreuses craintes et quelques réserves quant aux « perpectives brillantes de la renaissance chinoise ». De nouvelles inquiétudes sont apparues sur l’évolution du régime. On s’est beaucoup focalisé sur les intentions cachées de Xi Jinping notamment sur sa longévité au pouvoir. On s’intéresse moins au goût du long terme de la société chinoise, se fixant des objectifs à trente ans quand les démocraties se soumettent au court terme. Il y a beaucoup d’incertitudes quant à l’avenir chinois, cependant, une chose est certaine, la Chine est l’un des pays les plus prévisibles au monde.

Trois informations essentielles ont été formulées au XIXe congrès: La Chine restera socialiste, l’économie chinoise aura pour moteur l’innovation et le leadership chinois pèsera pour la coopération internationale.

Ceux qui voyaient la Chine évoluer à l’occidentale se sont trompés. La Chine est et restera socialiste avec une idéologie dominante, un parti dirigeant le peuple, et un leadership renforcé du chef.  « On ne peut absolument pas abandonner le marxisme-léniniste », ce thème est constant chez Xi Jinping. Le socialisme à la chinoise est placé sous l’impulsion du leader qui a défini l’idéologie, les grands objectifs et les échéances. Le Parti est l’administrateur du système. Il régule la société.

L’économie restera ouverte

L’économie chinoise assume son rôle de moteur mondial. A l’intérieur, le cap est mis sur l’innovation, une croissance plus qualitative, le contrôle des secteurs stratégiques et la coopération internationale à partir de ses initiatives. A l’extérieur les investissements de qualité sont privilégiés,pour cela les sorties de capitaux sont contrôlées. « L’économie chinoise ne va pas fermer ses portes au monde mais au contraire s’ouvrir davantage », c’est la priorité donnée à l’innovation, à la recherche er a l’intelligence ajoutée qui favorise cette ouverture. Ce message a été répété à plusieurs reprises par le Président Xi. L’ambition chinoise n’est pas aujourd’hui la suprématie mais la reconnaissance de son rôle et progressivement de son leadership.

De l’émergence au leadership

La diplomatie chinoise elle aussi vise le premier rang dans ses domaines prioritaires: le multilateralisme et le soutien aux organisations internationales, la coopération à l’intérieur du grand projet des routes de la soie, l’internationalisation de sa monnaie et les partenariats dans les Pays tiers. La « Belt and Road Initiative » donnera à l’Eurasie la place centrale. Xi Jinping s’est donné les moyens , au cours de ce XIXe congrès mais aussi par son action internationale, d’incarner le leadership chinois. Avec lui la Chine passe progressivement de l’émergence au leadership.

Pour l’Europe le dialogue stratégique avec la Chine est incontournable. L’économie et la politique se rejoignent pour l’imposer.
-Pour une stratégie partagée quant aux investissements,
-pour un commerce mieux équilibré,
-pour un engagement plus déterminé dans le projet des routes de la soie,
-pour une meilleure réciprocité des politiques publiques,
-pour la recherche d’une politique commune de coopération internationale,
l’Europe doit être plus réactive, moins frileuse et plus confiante dans ses propres forces

Au total contrairement à « l’hyperpuissance américaine » le « leadership chinois » joue le long terme ce qui lui évite les chemins de la brutalité. La conscience du temps adoucit les méthodes.. À la chinoise le leadership est d’abord stratégique. La force du chef est d’incarner une stratégie. En échos anticipé, Edgar Morin disait « quant l’immédiat dévore, l’esprit dérive ».

Dans notre monde si dangereux, peut être en « dérive », la guerre menace le rêve. Dans ce contexte, la grande promesse du leadership à la chinoise, c’est l’équilibre, l’harmonie, c’est à dire pour nous, la paix.

 

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Venue en Chine en 2012 rendre une trop courte visite à mon fils, j’ai mesuré à quel point ma vision de ce pays était biaisée par des partis pris, des représentations d’un autre âge...
Depuis, je m’informe sur ce vaste et grand pays avec lequel nous avons à composer pour construire le monde de demain dans le respect de nos différences et de nos intérêts.


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Invité mardi, 16 octobre 2018

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